L’action se situe à Venise, pendant le carnaval. Un chef de famille, ancien veuf remarié, homme jaloux, si farouchement casanier qu’il en est grossier, tient enfermées sa femme et sa fille cependant que dehors, derrière les grilles la ville est en fête.
Un mariage est arrangé par lui et trois de ses compères du même acabit sans que les jeunes fiancés se soient seulement jamais rencontrés. Bien que terrorisées par leurs maris, les femmes s’en émeuvent…
Le carnaval est très présent, comme une obsession jamais assouvie et toujours sous-jacente. Les masques passent et repassent en arrière plan derrière les grilles. Dehors dans la rue, on entend des musiques, des rires... on devine des silhouettes de jongleurs, des musiciens, des équilibristes, des échassiers. L’action est baignée de sons, de musiques... Au fur et à mesure du déroulement de l’intrigue, l’espace s’ouvre et les grilles s’écartent. Le carnaval, cet espace intense de rêve, de vie et de liberté s’insinue progressivement dans l’intérieur figé des maisons bourgeoises régies par des règles mesquines et étriquées. A la fin de la pièce, l’explosion de la fête et de la musique envahit le plateau.
L’intérêt de l’intrigue consiste surtout dans l’étude que Goldoni fait des rapports conjugaux, et dans la remise en question de l’autorité masculine, autrement dit de la société patriarcale.
A sa façon, avec son immense talent de dialoguiste et sur un mode comique, c’est toute la question de l’égalité des sexes et de la liberté des femmes à disposer d’elles-mêmes qu’il pose.
Menée tambour battant par dix comédiens musiciens, la comédie s’emballe jusqu’au fracas de la libération finale, qui voit les femmes accéder enfin à une égalité des rapports des sexes. La compagnie pratique un théâtre ouvert à tous les arts, la musique, les arts plastiques, les arts du cirque… |