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No one is innocent : 100% énèrgie pure !
No one is innocent, Kémar Fort de leur quatrième album, la bande des No one is innocent emmené par leur charismatique leader Kémar, ont joué ce week end à deux reprises sur notre île. Concerts totalement explosifs !
Il est 17h00. La balance pour le concert du vendredi soir au Bato Fou est terminée, et Kémar est d’accord pour une entrevue avec votre humble serviteur. De son vrai nom Marc Gulbenkian, ce fils d’immigré arménien a monté le groupe au début des années 90, et qui ne se souvient pas de ce morceau culte « La peau », véritable déclencheur d’une nouvelle scène rock/fusion aux allures de Rage against the machine, ou encore Urban dance squad. Mais là, c’étaient des frenchy bordelais qui apportèrent ce son nouveau aux riffs incisifs, et surtout aux textes plus qu’engagés. Après ce premier album encensé par les critiques, ils sont revenus en 1997 avec Utopia, aux sonorités beaucoup plus métal, mais oh combien rafraîchissantes, avec toujours cette même fougue et originalité. No one est en pleine ascension, n’en déplaise aux journalistes et radios de l’époque qui boudèrent l’album et son tube « nomenklatura », en collaboration avec Maurice G. Dantec, l’écrivain autant génial que controversé. Puis, le groupe se sépare, apparemment pour des raisons de divergences musicales. Kémar en profite pour faire son album solo, totalement différent de ce que peut faire No one is innocent. Il faudra attendre 2004 pour que Kémar revienne aux sources. Il rachète le nom « No one is innocent » aux autres membres du groupe défunt, et relance la machine avec de nouveaux musiciens. L’album Revolution.com aborde un son plus élèctro que précédemment, mais la rage est toujours là ! Une tournée d’un an s’ensuit, et comme nous l’explique Kémar « on a profité de l’énergie de la tournée de Révolution.com pour faire Gazoline. La machine était en route ».
Gazoline, leur quatrième opus est une vraie perle. Le groupe a pris la route du rock mélodique, avec de bonnes guitares saturées, des airs ajustés, et toujours ces paroles en parfaites adéquations avec l’actualité du moment. « C’est la revendication qui donne un vrai sens au groupe. On veut utiliser la musique comme une arme pacifique. Quoi qu’il arrive depuis ces dernières élections, on sera toujours là dans une démarche de contre-pouvoir, qu’il soit maintenu par la droite comme par la gauche » poursuit le frontman du groupe. C’est sûr qu’à l’écoute de Gazoline, des morceaux comme « La peur », « Salut l’artiste, ou encore « l’amour de la haine » ne passent pas inaperçus ! l’un traite des élections présidentielles, l’autre salut ironiquement le départ en retraite de Jacques Chirac, et le dernier raconte l’histoire de ce fils d’immigré roumain parvenu à coups de mensonges et de trahisons au siège de président de la république. « Nous sommes les portes- paroles d’idées, et pas de personnes. On aime combattre les sales idées, les lois injustes et tout le reste. » Le message passe, et est même très bien accueilli un peu plus tard sur scène, lorsqu’avant d’entonner le morceau« L’amour de la haine », Kémar fait un petit rappel de la véritable nature de Nicolas Sarkozi, en s’autorisant même le droit de le traiter à son tour de racaille.
Mais assez parlé politique et revendication. Je fais remarquer à Kémar qu’il semble avoir pris un coup de soleil sur le front. « Oui, on est allé au volcan, et ça tape là-haut ! Mais le spectacle est vraiment splendide ». Le groupe avait déprogrammé l’année dernière sa tournée. Alors, la peur du moustique ? « Ça a été une décision démocratique, une partie du groupe s’en foutait, l’autre non. Mais on savait que ce n’était que partie remise ». Exact, ils sont bel est bien là pour deux dates à La Réunion. « On est vraiment content de jouer ici, dans un endroit où la gauche a fait plus de 60%. Mais on ne reste même pas une semaine, c’est trop court pour profiter de plein de choses, comme faire des rencontres musicales avec des groupes locaux, voir un peu ce qu’il se fait ici. J’aime être confronté à d’autres cultures musicales. »
Ce sera pour une prochaine fois, j’en suis sûr ! Surtout que sur scène No one is innocent vaut plus qu’un coup d’œil. Même si la salle du Bato Fou n’était pas pleine à 100%, les amoureux du rock musclé ont été complètement abasourdis par la prestation du groupe. Quel bonheur de voir kémar hurler « Républica » sur le morceau « Chile », dénoncer la politique américaine dans « US Festival » ou encore reprendre avec énormément d’originalité le morceau « Personnal Jesus » de Dépêche mode. Le groupe s’est donné à 100%, avec un Kémar déchaîné sautant de toute part, et finissant le concert en se lançant depuis la scène dans le public. Décidément, No one is innocent est bel et bien à la hauteur de sa renommée.
Les membres du groupe quittèrent la scène sous une véritable ovation. Si d’après eux, personne n’est jamais innocent, alors oui, nous avons tous été coupables ce soir là de s’être adonné à un grand moment de défoulement, de libre pensée, bref, de Liberté !
Article de Jack EnKo, publié le 04/06/2007 Catégorie culturel Les derniers comptes rendus
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