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Rencontre avec Gilbert Pounia de Ziskakan
Gilbert Pounia Le 9ème album de Ziskakan « Banjara » est dans les bacs depuis bientôt un mois. L’occasion de faire une interview du leader charismatique de ce groupe qu'on ne présente plus.
Découvrez les extraits musicaux de l'album BANJARA
La musique de Ziskakan a été un élément déclencheur à La Réunion dans la fin des années 70. Plus qu’un groupe, c’est un mouvement pour la promotion de la culture créole qu’à instaurer Gilbert Pounia et ses dalons. A 53 ans, fort de 9 albums et d’une reconnaissance internationale, c’est l’occasion de revenir en arrière sur l’histoire du groupe, mais aussi de parler avenir avec ce tout nouvel album « Banjara ».
J.E (Jack Enko) :Tu pourrais nous parler de l’histoire de Ziskakan, qui était à la base, si je ne me trompe, une association ?
G.P (Gilbert Pounia) : Oui, une association, dès 1978/79, mais au départ ce n’en était pas une, seulement des gens qui se sont rencontré. Ça ne s’appelait pas Ziskakan, Il y avait Alain Armand et Bernard Payet qui disaient des poèmes sur fond musical. De mon côté, j’avais commencé à travailler sur les textes de Patrice Liotard qui était un ami de Alain Armand. Donc, un peu chacun de son côté au début, mais on se connaissait, notamment avec Alain depuis très jeune. On se voyait sur le stade de la Redoute, eux ils faisaient de l’athlétisme et moi du football, j’encadrais les jeunes cadets de La Montagne. Un jour il est venu me voir et m’a demandé pourquoi on ne ferait pas un groupe ? Alors on en a monté un, avec Patrice Liotard, Bernard Payet, Alain Magnenti, Benoit Hablard, Sully Andoche, puis Annie un peu plus tard. Ça s’appelait pas encore Ziskakan, on a mis du temps à trouvé ce nom, mais un jour il est sortit comme çà et puis c’est resté.
J.E : Les premiers albums ont été autofinancés. Il y en a eu combien ?
G.P : Trois en tout. Le premier « Ziskakan » tout court, le deuxième c’était Bato fou (double cd, ndlr), et le troisième Moringer. C’était trois albums vinyles, et c’était la première fois qu’on mettait des textes comme çà, comme nous on les écrivait à l’époque. On a enregistré le premier à l’église du Port que le curé nous avait prêté, le deuxième on a procédé pratiquement de la même façon, le troisième là on a enregistré dans les locaux de l’ODC. On avait pas de multipiste, c’était des prises directes, on tentait ensuite de mixer dans des endroits où il y avait une belle réverb, on n’avait pas de matériel technique, on faisait tout naturel. On cotisait tout les mois, chacun mettait 150 francs, ceux qui travaillaient pas 50. Ça nous permettait de sortir des disques, des livres, d’avoir une boutique à Saint Denis. C’était juste un local, il y avait des habits, des livres du monde créole, en français et en créole, un gars fabriquait des instruments sur place, on vendait des disques.
J.E : C’était un peu comme ce qu’on appel maintenant un squat d’artistes ?
G.P : Oui c’était un peu çà. Mais surtout il y avait un peu de tout le monde, des gens de tout les horizons, pas forcément que des musiciens ou des écrivains, mais aussi des enseignants, il y avait des débats, tout çà m’a permis d’apprendre beaucoup.
J.E : Est-ce que Ziskakan a tout de suite rencontré du succès ?
G.P : Disons qu’au départ c’était difficile, on ne jouait pas vraiment dans des salles car il n’y avait pas de lieux qui accueillaient ce genre de groupe, comme également Danyel Waro, ou encore Baster. On jouait directement chez les gens.
J.E : C’est plus vous qui alliez à la rencontre du public que l’inverse.
G.P : Oui, on allait directement vers les gens, et les gens amenaient d’autres gens. Il y eut quand même le curé de l’église Saint Jacques qui nous avait ouvert les portes. La première fois que le groupe se produit vraiment sur scène, c’est au stade Manesque, au gymnase. C’était bourré de monde, il y avait plein de groupes qui se produisaient. La première chanson que j’ai chanté était un texte de Danyel. Tout le monde a été surpris, le public était debout. La première fois qu’on a fait le Théâtre de Saint gilles c’était quelques années plus tard, on a jouer deux trois soirs de suite, c’était plein, plein, plein. Je crois pas que le théâtre de Saint Gilles a déjà été aussi plein que çà. C’était énorme, les gens étaient sur scène, derrière la scène, dans les champs de cannes autour, partout ! C’était pratiquement trois à quatre heures de concert. Tous les gens reprenaient ensemble les paroles, ont chanté, il y avait quelque chose qui se passait. De voir les gens qui s’appropriaient comme çà des paroles c’était pratiquement du jamais vu.
J.E : C’est en 1992 que le groupe se professionnalise en signant notamment chez Polygame. Comment tout çà s’est passé ?
G.P : Bien avant, on avait joué au New Morning à Paris. On était le premier groupe réunionnais à le faire. Ça a déclenché quelque chose. Un amis venait d’entré chez Polygram qui commençait à s’intéressé à la scène de l’océan indien. C’est Constantin (patron de Polygram, ndlr), décédé depuis, qui est venu à La Réunion, qui est passé à la maison et nous a vu en concert et nous a alors proposé de signer. C’était juste au moment ou je devais partir à Montpellier poursuivre mes études de psychologue. J’ai donc pris le chemin de la musique. On a fait un premier disque, « Kaskasnikola », disque qui est arrivé au Top Ten en Californie où on avait fait une tournée d’un mois là-bas, Central Park, House of Blues, les gros trucs. J’aurais jamais pensé que la musique allait m’emmenez là-bas. J’ai pu rencontrer Chris Blackwell (Patron de Island record, ndlr), qui était intéressé par le percussionniste, la choriste est moi. Mais pour nous ça ne fonctionnait pas comme çà, c’était le groupe ou rien.
J.E : Vous y êtes retourné au Etats-Unis ?
G.P : Non, mais peut-être qu’avec le nouveau disque justement on va pouvoir reprendre la route, mais faut avant tout trouver un distributeur extérieur puisque c’est de l’autofinancement.
J.E : En 1998 le groupe se sépare. C’était dû à quoi ?
G.P : Ça a été le clash, comme çà arrive bien souvent. C’était plus possible pour moi, trop de pression avec le groupe, le contrat avec Polygram qui venait de s’arrêter avec la mort de Constantin. On essayé de continuer avec son remplacement, mais il n’était pas tellement ouvert sur les musiques de l’océan indien, pas tellement dans cet esprit.
J.E : Pourquoi en arrêtant cette formation et en recréant une autre, tu n’as pas choisi de changer le nom de Ziskakan, ou tout simplement de te produire en ton nom propre ?
G.P : Ziskakan, je suis un peu à son origine, je ne l’abandonne pas, comme on n’abandonne pas son enfant. J’ai continué pareil, toujours dans le même esprit, le travail de la langue a continué, au niveau musical aussi, dans tout les domaines, comme aussi les contes avec Annie, éditer des livres.
J.E : Tu as été Educateur, notamment sur Paris, et tu as même écrit un mémoire sur la jeunesse réunionnaise face aux drogues. Est-ce ça aussi a influencé ta musique ?
G.P : Je crois que ce travail social m’a influencé, c’est sûr. Sur l’écriture, les textes, mais je ne suis pas non plus resté bloqué que sur la revendication et les problèmes de société. Avec l’écriture on peut aussi parler de l’amour, des relations, même si il existe des sujets graves.
J.E : Comment tu situe Ziskakan par rapport aux autres groupes réunionnais qui eux aussi métisse le Maloya à leur sauce, comme Tapok, Davy Sicard, Nathalie Natiembé pour ne citez qu’eux ?
G.P : J’ai 53 ans, et ce qui est intéressant pour moi c’est qu’il y ait des jeunes qui arrivent, qui ont des choses intéressantes à dire, qui ont de la prestance, une superbe interprétation, parce que tout çà me pousse encore à aller plus loin.
J.E : Une sorte de compétitivité ?
G.P : Oui, mais saine ! Si les gars arrivent à jouer à l’extérieur, les gens vont ouvrir les yeux sur nous, de la même manière que si nous on joue à l’extérieur, les gens vont ouvrir les yeux sur eux aussi. L’important c’est que ça ouvre le monde sur l’Océan Indien, Maurice, Rodrigues, les Seychelles, Madagascar, il y a énormément de richesse là-bas aussi.
J.E : Pour la musique réunionnaise, qu’elles sont tes préférés ?
G.P : Beaucoup de jeunes, mais également les anciens. J’ai beaucoup de respect pour les musiciens de bal. Ça me ramène vers ma jeunesse, comme avec l’orchestre André Philippe. Je n’ai pas fait de bal, mais c’est mon école. J’ai entendu toutes ces sonorités qui venaient d’ailleurs, comme aussi avec les tambours malbars, tout çà plus que le maloya, parce que le maloya on l’entendait pas. Sinon, le gars qui a le plus compté pour moi, parce qu’on a vécu un bout de temps ensemble, c’est Alain Peters. On le connait par rapport aux disques qu’il a fait, c’est super, mais avant d’écrire ou chanter en créole, il chantait Let it be, Yesterday, Led Zepplin. Il m’a beaucoup apprit. J’ai même de lui 5 minutes d’inédit sur VHS !
J.E : D’un point de vue international, tes influences se situeraient plutôt où ?
G.P : Je suis très Hendrix. Quelque part il doit m’influencer. Je ne suis pas Hendrix (rire), mais je ressens beaucoup de chose dans sa manière de faire.
J.E : Tes morceaux préférés d’Hendrix ?
G.P : Il y en a un paquet, il y a Voodoo Chile, Red house, Machine gun, beaucoup les blues. J’ai tout les disques, même des pirates en vinyle !
J.E : Depuis une dizaine d’années Ziskakan tourne sur des scènes internationales, Il y a eu les Etats-Unis, mais aussi la suisse, la Belgique, le canada. Qu’est-ce que ça te fait ?
G.P : Pour la Suisse c’était à Montreux, c’était fabuleux, surtout sur la scène « Miles Davis ». Je dis toujours que c’est une chance. On ne joue pas seulement pour un public réunionnais. Il y a toujours quelques réunionnais, ou des gens qui ont vécu à La Réunion. Le réunionnais est tellement fier qu’on puisse se produire dans des belles salles qu’il vient. D’habitude c’est toujours les petites salles, les petits trucs. Alors que quand sont organisées de grosses manifestations c’est autre chose. Moi je rêve de réalisé un DVD live dans une salle comme l’Olympia. Sinon, les gens qui sont là sont des gens de l’endroit, et c’est super de pouvoir voir leurs réactions, surtout quand au bout du deuxième morceau ils sont debout, c’est génial. Et puis je leur parle, je leur explique les textes.
J.E : Sur scène, c’est vrai que tu parles beaucoup avec le public, mais on te sent tout de même nerveux. C’est un moyen de te déstressé ?
G.P : Par moment je cause trop ! (rire) le truc c’est que quant t’arrives avec des nouveaux textes, un nouveau disque, c’est pas évident.
J.E : On va parler un peu de Banjara ton nouvel album sortie il y a presque un mois. Comment tu le décrirais en deux mots ?
G.P : Banjara, c’est les gens du voyage. On dit gitan, manouche, bohémien, et en Inde Banjara. En 1972, quand je suis arrivée en France, j’étais en Camargue, Sainte Marie de la Mer, tout çà. J’ai commencé à rencontré des gens, notamment une gitane avec qui j’ai eu un fils. J’avais donc déjà vécu ces rencontres, sans savoir qu’un jour j’allais partir dans le Kazakhstan, rencontrer les gitans de là-bas lors d’un voyage, et puis ensuite d’autres à Goa, ou j’ai commencé à écrire les textes de Banjara. J’ai continué à Pondichéry, Bombay, tous les textes que j’ai écrit on été écris sur la route, lors des rencontres.
J.E : C’est en çà qu’il se différencie des autres albums ?
G.P : Peut-être oui. La rencontre avec les musiciens du Proche-Orient aussi. Le disque ensuite a été enregistré aussi un peu partout, ici même (chez lui, ndlr), chez Pascal (Manglou, le guitariste, ndlr), à Montpellier, à Saint Denis, un peu à Saint François. En étant produit par nous même, on n’avait pas le stress du studio. C’était aussi une envie de se rappeler les débuts du groupes, la manière d’enregistré. Je me suis aussi inspiré des jeunes rappeurs, qui se démerdent pour monter leur truc. Ça a été une bonne influence, celle de se dire qu’en se démerdant bien, avec un peu de matériel on pourra faire cet album, et pourquoi pas ceux des autres aussi.
J.E : C’est une envie que tu as d’enregistré aussi les albums des autres ?
G.P : Oui, c’est une optique. On va faire bientôt le cd de contes d’Annie, Pascal vient d’enregistrer Loïc, un jeune gars qui joue guitare sèche et à qui on a fait les basses aussi. On a un réalisateur, un arrangeur, il y a tout.
J.E : Pour Banjara, qu’elle image tu aimerais que ce disque véhicule ?
G.P : Il n’y a pas vraiment de message, même si un texte parle d’un enfant atteint du sida qui n’avait pas 10 ans quand je l’ai rencontré à l’hôpital. Ça interpelle, il y a 2000 enfants tout les soirs qui meurent du sida, et faut 30 euros seulement par mois pour trouver des médicaments. Je suis un fan de Coluche, et je me dis que ce gars là il doit se retourner dans sa tombe, il met les restos du cœur en place, il interpelle les politiques, mais bon, on voit pas les choses évoluer vraiment. On met les dispositifs en place quand il fait froid, mais il y a un travail de fond à faire, et pas seulement en surface et dans l’urgence. Banjara, ces gens qui n’ont pas grand-chose, on aussi beaucoup, un bonheur de vivre, toujours le sourire, donc c’est aussi un message d’optimisme, dans l’album il y a beaucoup de textes d’amours. C’est un disque pour tout le monde, il y a des influences de partout, autant d’un point de vue musical qu’écriture. C’est un voyage.
J.E : L’album est sortie il y a pratiquement un mois. Il marche bien ?
G.P : Ça va oui, on en a tiré 6 000 pour l’instant, donc on espère en tirer 10 000 d’ici la fin de l’année.
J.E : Les prochaines dates de la tournée ?
G.P : On joue le 8 décembre à Trois Bassin, le 9 à Grand Bois, dans mon village, et puis aussi toute la deuxième partie du mois. Il y a aussi la tournée « boutik », qui permet d’aller dans les quartiers, parce qu’il y a des gens qui ne viennent jamais dans les concerts, même si tu joues dans leur village. Alors on met ça en place avec les services culturels des mairies, et on arrive dans le quartier, on a une petite sono qu’on met on place et on joue, à 3 ou à 6 ça dépend. La boutik pour moi jouait un rôle social important. On aimerait aussi faire les grandes salles de l’île, mais on a l’impression que les gars ils préfèrent faire venir des artistes de l’extérieur que ceux d’ici. Tu sors un album, et personne n’appel ! Si nous on a du mal à faire ces salles, comment un jeune groupe il peut le faire ? Surtout que des groupes qui viennent d’ailleurs sont bien plus chers que nous.
J.E : Avant de conclure, j’aimerais te proposer un petit jeu : mon dernier, mon prochain. Ton dernier cd acheté ?
G.P : Je l’ai pas acheté, on me l’a offert. C’est Ayo, je l’écoute en boucle dans la voiture. J’écoute aussi un titre qu’on enregistré des jeunes handicapés, un morceau terrible, avec un texte magnifique.
J.E : Ton prochain cd que tu penses acheter ?
G.P : Hum… je ne sais pas. Il y a des choses que j’écoute, mais je ne retiens pas les titres. Peut-être que je vais prendre un Satriani ou un Steve Vaï. Je les connais, mais je n’ai pas de cd d’eux. Et comme je rencontre pas mal de jeunes qui jouent du satriani ou du steve vaï, ça me donne envie de les écouter.
J.E : Le dernier film que tu as vu ?
G.P : C’est pas un film, mais un documentaire, Baraka, qui propose un voyage dans le monde, son côté naturelle, mais aussi building.
J.E : Le prochain film que tu comptes voir ?
G.P : Je pense que je verrais Indigène, mais je sais pas comment puisqu’il le joue plus. Mais je vais aller là au festival du cinéma où je suis invité. Sinon, j’attends la sortie du film de Richard (Bohringer, « c’est beau une ville la nuit », ndlr), j’aimerais bien le voir parce qu’en plus il a de bonnes critiques partout.
J.E : Le dernier concert que tu as vu ?
G.P : Je voulais voir Thiéfaine, mais ça a raté total parce que je jouais en même temps les deux soirs.
J.E : Le prochain concert tu aimerais voir ?
G.P : Je sais pas, qui il y à bientôt ?
J.E : Francis Lalanne, Jean-François Michael, ou encore Herbert Léonard
G.P : Francis Lalanne à la limite, c’est un gars un peu foufou, pourquoi pas aller le voir, même si je sais pas vraiment ce qu’il fait.
J.E : Herbert Léonard ?
G.P : C’est pas mon affaire (rire)
J.K : Le dernier morceau que tu as écrit ?
G.P : Tout les textes de Banjara, car ils se complètent.
J.E : Le prochain thème que tu aimerais développer se serait sur quoi.
G.P : Je pensais à des thèmes comme la guerre, l’Irak tout çà. Mais je ne sais pas, je voulais après avoir lu Tahar ben jelloun, mais la guerre c’est quelque chose de grave, cette vision en direct, on voit les missiles qui partent, mais on ne montre pas les gens qui sont en dessous, ces marmailles qui portent leurs valises sur leur dos, les fosses communes, on ne connait plus les noms des personnes, tout çà. Comment écrire çà ? Je ne sais pas.
J.E : Tu penses que pour l’artiste c’est un devoir d’écrire sur des thèmes comme ceux-là ?
G.P : Oui, on a un rôle social important. Agir en tant qu’artiste, interpellé les gens.
J.E : Pour finir, un coup de gueule à passé ?
G.P : Ah non, tout ce que j’ai dire, je le dit dans la musique, avec le groupe, il y a tout là-dedans. Juste dire que faut pas attendre le 20 décembre arrivé pour organiser des kabars, il y a aussi le côté histoire, les gens ont besoin de se l’approprié. Comme la semaine créole, c’est tous les jours qu’on vit, qu’on parle créole. Alors à la date du 28 octobre, faire au moins quelque chose de plus conséquent.
Découvrez les extraits musicaux de l'album BANJARA
Article de Jack EnKo, publié le 22/11/2006 Catégorie culturel Vu 1166
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