Un vendredi soir à manapany


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Un vendredi soir à Manapany

Manapany Surf Festival

Ce qui aurait dû durer trois jours a été réduit à une seule journée pour cette sixième édition du Manapany Surf Festival. Et oui, s’il y a bien une chose qu’on ne maîtrise pas même au 21ème siècle, c’est bien les aléas météorologiques !

Un vendredi soir à ManapanyDur déception pour tous les organisateurs du Manapany surf festival. Les fortes pluies de ce week-end ont contraint les organisateurs à rediriger les concerts du samedi soir au Bato fou, et d’annuler tout bonnement la compétition de surf. Les seuls chanceux dans l’histoire sont ceux qui étaient ce vendredi soir dernier à l’ouverture du festival. Sous un ciel dégagé et pleins d’étoiles, ils ont pu profiter de ce magnifique site auréolé de palmiers pour écouter sur la grande scène Subhash, Violon profond, Ziskakan puis Richard Bohringer. Mais difficile de motiver les troupes nordistes un vendredi soir pour les faire descendre plein sud, d’autant plus qu’ils pouvaient directement venir acclamer Ziskakan et Richard Bohringer à la salle Vladimir Canter à Saint Denis le lendemain. Résultat, le public aurait pu être plus nombreux, mais tout cela n’enleva rien à leur vigueur, ni à la qualité des prestations scéniques des groupes.
Tout d’abord Subhash et sa dub indienne aux rythmes électro. Etrange mélange, parfois déconcertant devant l’originalité des sons, mais d’une incroyable qualité. Assis en tailleurs, les membres du groupe (dont un marmaille) on déverser sur Manapany des sonorités bien étrange pour La Réunion. Incontestablement indienne, elles se trouvent toutefois génétiquement modifié par des arrangements électro d’une vibrance peu commune.


Violon profond quant à eux on surgit sur la scène pour envenimer le public des riffs saturés d’un violoncelle ! La chose semblait inimaginable, et pourtant si, les deux compères déjantés ont mit en scène des reprises des standards du hard-rock, avec pour les textes une traduction dans la langue de Molière, et pour la mélodie une interprétation au violoncelle. La chose valait le coup d’oreille, mais aussi le coup d’œil : un violoncelliste animal de foire et buveur de (très) nombreuses bières, et un chanteur tout en smoking qui vocifère ses textes et se jette corps et âme depuis la scène dans le public.
Puis le tour de Ziskakan arrive. En coulisse, Gilbert Pougnat nous confie que jouer dans un festival est toujours un plus par rapport à un simple concert. Il nous parle aussi du nouvel album du groupe qui s’intitule « Banjara » (qui veut dire bohémienne) et qui devrait sortir ce mois d’octobre. « Il y a toujours des influences indiennes, mais peut-être encore plus que dans nos précédents albums » continue Gilbert Pougnat. Il nous confie également que cette été un clip a été tourné en Inde « un vrai clip, avec de vrais moyens », clip qui devrait notamment être diffusé sur TV5, RFO, Trace TV et même en Inde. Mais la sortie de ce nouvel album, événement de la rentrée, sera l’occasion d’en reparler de manière plus approfondit avec Gilbert Pougnat très prochainement.
Alors que Ziskakan entame son fameux titre « Bato fou », Richard Bohringer monte sur scène, visiblement intimidé par le public qui l’applaudit sans retenu. Sur la musique entrainante du groupe, il va alors développer un texte sur la liberté, et plus particulièrement sur les enfants, afin que tous ceux de la terre naissent libres et égaux en droit. La complicité entre les deux artistes est flagrante, et le public ne s’y trompe pas non plus, et c’est une salve d’ovation qui conclu cet échange fort en émotion.


Le set de Ziskakan terminé, c’est alors un Richard Bohringer survolté qui prend place. Arborant fièrement un t-shirt commémoratif du 20 décembre 1848, il va déverser pendant plus d’une heure sa verve lyrique un peu à la manière des slameurs. Qui aurait cru que ce grand Monsieur du paysage culturel français possédait un phrasé aussi puissant et rapide ? Les mots s’enchainent au rythme tantôt funky et tantôt bluesy de ses musiciens. Après quelques désagréments techniques qu’il ne manqua pas de faire remarquer avec force, Richard Bohringer conquit ses admirateurs, malheureusement moins nombreux que ceux de Ziskakan, avec ses textes poétiques qui les transporta tout droit en Afrique le temps d’un concert.
Espérons, en conclusion de cette sixième édition malheureuse de ce superbe festival, que Dame nature laissera place pour les prochaines années à un puissant soleil plutôt qu’à des trombes d’eau. Espérons également que les organisateurs arriveront malgré à retrouver leur force peu commune pour mener à bout de bras un tel projet tout les ans, et nous proposé encore et encore des concerts de qualité, car on ne demande tous que çà !



Article de Jack EnKo, publié le 10/10/2006
Catégorie culturel
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