La traite se faisait tout au long de la route des Indes :Depuis l'Afrique occidentale, les esclaves venaient de la maison des esclaves à Gorée. De l'Inde, ils venaient de Surate ou de Pondichéry. Ceux-ci étaient en majorité des tamouls et non des malabars. Depuis Madagascar : Très tôt ce pays est une source de traite - on les recrutait sur la côte orientale de cette Grande île. Depuis la côte orientale d'Afrique où ils étaient recrutés sur la côte du Mozambique. Bourbon et l'île soeur font venir des Noirs du Mozambique. On a transformé l'île de Zanzibar en centre de détention des esclaves. Tous ces esclaves étaient montés à bord d'un négrier, parmi les tonneaux, parmi les vivres qu'il fallait apporter car parfois la plus courte des traversées durait 3 mois. Ces bateaux-négriers étaient équipés de faux ponts, permettant de transporter 400 esclaves par voyage. Ce faux pont était insuffisamment aéré, aussi de nombreux esclaves mourraient d'asphyxie. Les vaisseaux négriers étaient des caravelles employées par les Portugais. Soucieux d'avoir un outil avec plus de rentabilité, les néerlandais construisirent spécialement des navires adaptés à la traite. Le commerce était donc juteux !! Depuis les Indes jusqu'à Bourbon, le voyage durait plusieurs mois parait-il, traversée pénible, risquée. Les Noirs avant de monter sur le bateau étaient marqués sur l'épaule gauche de l'empreinte de la Compagnie. Pour Bourbon, cette empreinte n'a pas été toujours respectée. Avant le départ pour Bourbon, chaque cargaison servile était répertoriée, en factures en triple exemplaires précisant le sexe, la taille, l'âge, et des signes particuliers. On signalait toujours qu'à tel esclave, il manquait une dent, (ce critère jouait sur le prix de celui-ci). Peu après le lever du soleil, la journée des esclaves commençait par les ablutions effectuées sous la surveillance de l'officier de garde, soit dans la cale, ou sur le pont et là quatre par quatre. Ils se lavaient le visage et les mains avec de l'eau de mer. Ils rinçaient leurs bouches au vinaigre ; organes sexuels, aisselles étaient nettoyés avec de l'eau vinaigrée. Les surveillants obligeaient ces esclaves à se laver, car la bouche et les yeux faisaient l'objet d'un lavage spécial afin d'éviter le scorbut. Puis le repas du midi était servi. Selon les distances, ils avaient droit à du riz cuit à l'eau avec une petite quantité de viande de boeuf salé ou de poisson salé ; parfois du maïs, des ignames, du manioc, relevé d'un peu de piment. Si la distance était plus longue, le repas était constitué de vivres plus consistants, avec des fèves, salaisons et biscuits. Bien sûr, les conditions de vie à bord étaient un vecteur idéal pour les maladies. La plus redoutable était la variole, et les cas furent nombreux. Très fréquent aussi le scorbut, la dysenterie, les “plaies gangréneuses”, la lèpre. Le chirurgien à bord ne pouvait pas grand-chose, il ne disposait que de médiocres outils bien souvent rouillés. On comprend donc aisément les lourdes pertes lors de la longue traversée, et le risque d'introduction de maladie à Bourbon. Quand un esclave mourrait, il était balancé par-dessus bord. Les grandes épidémies qui ont affecté l'île au 18ème siècle avaient été apportés par des bateaux négriers : choléra, grippe espagnole et autres. Article lu 3014 fois |
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