1770 : Les premieres constructions encore existantes a la reunion

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1770 : Les Premieres Constructions Encore Existantes A La Reunion

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Le bâtiment ayant abrité au début les bureaux de l’Intendance est situé au cœur du centre historique de Saint-Denis, au dessus du carré des concessions de Mahé. En dehors de la très belle qualité de la construction, il est un des derniers témoins de l’architecture en bois de la Compagnie des Indes.

Tout indique que les charpentiers de Marine sont à l’origine de la conception. Sa grande taille en fait déjà un bâtiment de choix, que des artisans créoles (même expérimentés) auraient difficilement pu monter seuls. Par ailleurs, le soin apporté à la finition dénote une longue expérience dans le travail du bois. Les sept ouvertures sont dotées de linteaux cintrés chantournés dans le bois, et la façade est ornée d’une succession de dix pilastres en léger relief sur l’élévation. Ces pilastres encadrant la porte d’entrée sont plus larges et placés exactement au centre de l’élévation. Le bâtiment est aussi doté d’un large soubassement en pierre pour le protéger des infiltrations d’eau.

Il existe d’autres exemples de constructions en bois antérieures à 1770. Les villes de Saint-Denis et Saint-Benoît en possèdent encore, en mauvais état mais présentant elles aussi, des détails propres à cette période. Elles sont néanmoins toutes les deux, surtout celle de Saint-Denis, trop modestes pour être des bâtiments appartenant à la Compagnie des Indes. Elles étaient donc probablement des habitations privées ou des commerces mais bâtis par des charpentiers de Marine.

Celle de Saint-Benoît présente l’intérêt d’une construction mixte où les murs latéraux et arrière sont en pierre et la façade en bois. La présence d’un étage souligne la qualité de la construction.

Celle de Saint-Denis, située rue Labourdonnais, non loin du carré de concessions de la Compagnie des Indes, est un volume encore plus simple. Elle n’est constituée que d’un rez-de-chaussée sous une haute toiture en croupe avec lucarnes. Elle tend d’ailleurs plus à se rapprocher des maisons issues de l’évolution de l’architecture rurale normande.

A proximité de la Cathédrale, se trouve encore actuellement une maison issue du tissu urbain du 18ème siècle. L’absence de cadastre antérieur à la Départementalisation en 1946 est un manque cruel pour aider à la datation des édifices. C’est d’autant plus ennuyeux que la fidélité à l’architecture de la Compagnie des Indes et de l’Administration Royale sera très forte à travers les siècles et verra des constructions identiques alors que très éloignées dans le temps. Heureusement pour la ville de Saint-Denis, il existe un relevé datant de la fin du 18ème siècle qui recense toutes les parcelles bâties. Cette maison y figure bordée d’une longueur allant jusqu’à la rue. Là aussi, il s’agit d’un beau bâtiment en bois du milieu du 18ème siècle, sans doute propriété de la Compagnie des Indes, dont l’agrandissement serait dû à un particulier ayant racheté l’ensemble lors de la vente des biens de la Compagnie.

Les transformations multiples dont la maison a été l’objet rendent difficile la tentative de restitution de l’élévation d’origine, même si la restauration en permet une lisibilité assez claire.