1792 a 1815 : Recession a la reunion

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1792 A 1815 : Recession A La Reunion

La fin du 18ème et le début du 19ème siècle sont pour l’île, à l’image de la Métropole, une époque d’instabilité politique qui va influer sur l’urbanisation. Cette période de stagnation est caractérisée aussi bien par une mise en œuvre peu soignée que par une cohabitation de références architecturales diverses, ainsi que des matériaux variés.

Cette régression économique entre 1792 et 1815 explique le faible nombre de nouvelles constructions. Si Saint-Denis possède l’essentiel des bâtisses construites durant cette période, c’est parce qu’elle était la seule ville encore capable d’un programme de construction, si médiocre soit-il.

En 1792, Bourbon devient l’île de la Réunion en commémoration de celle des Marseillais et des gardes nationaux. Le fait le plus marquant, à part une vague menace sur l’esclavage, malheureusement bien vite étouffée en raison des intérêts économiques, concerne la commune de Saint-André. Considérée comme contestataire par la nouvelle Assemblée Coloniale, elle est démembrée, et son église, datant de 1751, rasée en 1793. la Révolution passe sur l’île sans changer profondément la société réunionnaise, mais l’agitation sociale entraîne inévitablement un ralentissement économique.

Cette période charnière n’a pas, bien sûr, totalement interrompu le commerce, ce qui explique la poursuite de l’urbanisation à des fins mercantiles. Cependant la liquidation de l’Administration Royale a arrêté la politique de construction publique. A cette époque, la fonction commerciale développe seule un peu les villes : d’où une inévitable stagnation de la mise en œuvre traduite par un mélange des modèles, aussi bien que des matériaux. Chacun construit à sa guise, suivant ses moyens, ses intérêts ou même ses goûts.

La stabilité aurait pu revenir avec le Premier Empire, l’île de la Réunion prenant le nom de « Bonaparte » en 1803, mais les conflits avec la Grande-Bretagne l’ont empêché. L’île Bonaparte vivant essentiellement de ses échanges avec la Métropole, la puissante marine britannique s’est chargée d’isoler les Mascareignes après avoir repris Pondichéry en 1793. De plus, l’économie insulaire est frappée de plein fouet en 1806 et 1807 par le passage de cyclones destructeurs, ayant particulièrement mis à mal les plantations de café. L’hallali est donnée en 1810 quand l’île Bonaparte et l’île de France (île Maurice) sont attaquées, envahies puis annexées par les Anglais. Les liaisons maritimes interrompues, les planteurs et commerçants momentanément ruinés, une nouvelle puissance coloniale, incertaine de la pérennité de ses possessions, donc peu intéressée par leur développement, tout créait un climat historique, peu propice à l’expansion urbaine. Les effets s’en feront sentir un bon moment après le retour au calme.