18eme siecle : origine de la varangue a la reunion

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18eme Siecle : Origine De La Varangue A La Reunion

18eme siecle origine de la varangue a la reunion
Du début du 18ème siècle, date le témoignage le plus intéressant sur un phénomène architectural nouveau, qui deviendra l’emblème de l’architecture réunionnaise : la varangue. Houbert, curé de Sainte-Suzanne, dans sa correspondance au Supérieur des Lazaristes, évoque l’aspect de la maison que se fait construire entre 1714 et 1721, Renou, premier Préfet apostolique de l’île :

« Il ne s’est pas contenté d’un bâtiment commun et ordinaire, comme l’ont tous les honnêtes gens de l’île, même les plus accommodés et les plus riches, mais il a fallu des ornements qui le distinguent et le mettent au-dessus de tous les autres sans excepter aucun. Ces superfluités, entre autres, sont une varangue ou espèce de portique qui forme l’entrée de sa maison, à la manière portugaise ».

La surprise, voire l’indignation que trahissent ces lignes, ont l’avantage d’insister sur la nouveauté de la chose, et sur la simplicité des constructions, même celles des planteurs. Un commentaire de Durot, laisse pourtant supposer que cette varangue a eu, sinon des précédents, du moins des ancêtres à Bourbon. En 1705, le chroniqueur Durot fût hébergé dans la cure de Saint-Paul et en fait la description suivante :

« La maison du curé était composée de trois pièces de plain-pied. Ce corps de logis était séparé de la cuisine et du galetas aux poules. Il y avait également un petit hangar au toit soutenu de quatre piliers sous lequel on prenait le frais ».

La varangue est donc utilisée très tôt dans l’architecture de Bourbon. S’il est certain que cette influence provient des comptoirs français des Indes, sa filiation est plus lointaine, et la définition de varangue portugaise par Houbert semble légitime. Si les Français se sont implantés durablement aux Indes dans la deuxième moitié du 17ème siècle, les comptoirs avaient reçu depuis fort longtemps la visite des navigateurs Portugais. On ne peut pas vraiment affirmer que la varangue soit un phénomène portugais trouvant une adaptation en Inde. Néanmoins, il est certain que le système de galerie, très répandu au Portugal, aux Canaries espagnoles, aux îles du Cap-Vert, où passent régulièrement les navires de la compagnie, s’est trouvé en contact avec l’architecture indienne. La naissance et l’épanouissement d’une société indo-portugaise dans les comptoirs, concrétisée par un grand nombre de mariages mixtes, ne peut qu’étayer cette hypothèse.

Les Français vont alors se trouver face à une architecture raffinée dont ils vont très vite s’inspirer pour leurs constructions dans les comptoirs. En fait, ces caractéristiques ne s’étendront que beaucoup plus tard dans les Mascareignes, de façon généralisée. On comprend pourquoi en ce début du 18ème siècle, les varangues bourbonnaises sont rarissimes et font figure de superfluité, voire de signe d’aisance. Cela ne durera pas longtemps car les importations vont vite s’étendre jusqu’à devenir l’une des caractéristiques de l’architecture insulaire. Dès 1725, la connaissance du régime des vents était acquise pour permettre des expéditions régulières vers les Indes qui, tant que le canal de Suez ne sera pas percé, étaient longues et souvent dangereuses.