Hotel de ville de saint denis

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Hotel De Ville De Saint Denis

Hotel de ville de saint denis
L’abolition de l’esclavage, la disparition des petites plantations au profit des grandes, l’importation ininterrompue de travailleurs indiens ou d’immigrants européens font gonfler les villes de façon spectaculaire.

Saint-Denis peuplée de 18 000 habitants en 1851, en abrite 33 000 en 1858. Cette croissance exceptionnelle pose des problèmes à une ville n’ayant jamais su programmer son extension. Les plans se succèdent tout au long du 19ème siècle, régularisant bien souvent ce qui n’a pas pu se gérer. S’il semble clair que les pouvoirs publics peinent à contrôler l’urbanisme privé, ils ont par contre pris à bras le corps, le processus d’équipement d’une ville qui en a bien besoin. Cela se traduit par une multiplication en quelques années de grands chantiers destinés à pourvoir Saint-Denis, de bâtiments hospitaliers, éducatifs, administratifs et culturels dignes de ses 33 000 habitants. On ne peut donc mettre en doute la volonté de la municipalité et de l’Administration Coloniale du 19ème siècle, de vouloir équiper convenablement une colonie devenue un modèle d’industrie et de production.

Mais une fois de plus, l’organisation spatiale au niveau du plan de la cité va pâtir de l’urgence. « Le vieux carré » qui a concentré jusqu’à présent, la majorité des édifices commerciaux puis administratifs, est urbanisé et ne peut plus guère recevoir de grands projets. Les pouvoirs publics sont donc dans l’obligation d’implanter les nouveaux équipements dans partie sud de la ville.

L’hôtel de ville :

La construction de l’hôtel de ville, monument important s’il en est, pérennise pour longtemps le lieu d’implantation des équipements publics. Placé immédiatement à côté de l’hôpital militaire, il forme avec ce dernier, un couple de mastodontes urbains qui domine toute la cité. Il est vrai que la tentation de construire la mairie à cet emplacement, était forte. D’une part, le quartier était en pleine expansion, et tout laissait prévoir un développement de la ville vers le Sud. Par ailleurs, tournant le dos au promontoire bornant la rivière, il se retrouve au carrefour de trois voies de communication : d’une part, la rue de Paris menant au Sud vers le jardin de l’Etat, donc future ville, d’autre part, la rue de la Victoire menant au Nord vers le vieux quartier de la Compagnie des Indes, et enfin, la rue Victor Mac Auliffe menant vers la mer à l’Est et un futur quartier commerçant (projet mort-né).

L’hôtel de ville est donc un bâtiment un peu incontournable dans Saint-Denis, parce qu’il domine de sa masse le tissu urbain, mais aussi car il est le premier représentant d’une nouvelle vague d’urbanisme. Construit au plus grand moment de la prospérité insulaire, il se veut de par sa taille, l’affirmation d’une puissance. De tous les bâtiments publics à proximité, c’est lui qui a inspiré la plus grande réflexion au niveau de son futur environnement et de sa mise en œuvre. En effet, s’il appartient très clairement à une architecture savante d’inspiration néo-classique « Second Empire », il a bénéficié d’aménagements, terrasse, cour et galerie intérieure, inspirés de la culture locale. Cela en fait un monument peut-être un peu lourd visuellement mais qui a le mérite d’avoir tenté, et en grande partie réussi, une adaptation d’un style importé à un style vernaculaire ne manquant pas d’originalité.