Juliette Dodu

Culture Reunion

Juliette Dodu Culture Reunion

Juliette Dodu

julliette dodu

Véritable héroïne française de la guerre contre la Prusse en 1870, l’action de cette femme d’origine réunionnaise sauva la vie à 40 000 soldats.

C’est en 1848 que la ville de Saint Denis accueille une nouvelle naissance, celle de Juliette Dodu, fille d’un chirurgien métropolitain et d’une femme créole nommée Desaiffre de Pellegrin. Deux ans plus tard, le père de Juliette Dodu meurt, et alors sa mère se remarie, mais de nouveau cet époux décède après lui avoir fait deux nouveaux enfants, une fille et un fils malade. En 1864, elle décide de quitter l’île pour la métropole, laissant son fils malade à son frère.
Sa mère trouve un emploi dans la poste de la petite commune de Pithiviers, où Juliette viendra l’aider. Mais au bout de quelques mois seulement, la guerre entre la France et la Prusse éclate, et cette petite commune se verra alors doter d’un poste télégraphique pour informer la Défense Nationale des mouvements de l’armée adverse. Aussi, lorsque le 20 septembre 1870 Pithiviers est envahi par les prussiens, Juliette Dodu envoie un télégramme indiquant cette annexion. Juste avant que les prussiens ne débarquent dans le bureau de poste, Juliette dissimula l’appareil télégraphique sous son manteau et alla le cacher chez l’inspecteur primaire. Quatre jours plus tard, les prussiens repartent de la commune et Juliette rétablit alors les communications télégraphiques. Trois jours plus tard, le 27, ce sont les hussards prussiens qui entrent dans la commune, Juliette informe aussitôt la Défense Nationale de leur arrivée. Mais les hussards encerclent la poste, et Juliette se retrouve prise au piège. Elle emprunte alors un ancien puit de communication qui relie le bureau de poste avec l’asile de Pithiviers, en emportant avec elle les précieux appareils. Les prussiens, une fois le bureau de poste envahi furent surpris de ne trouver personne à l’intérieur, et se contentèrent donc de couper seulement les fils du télégraphe, mais en oubliant ceux qui partaient du côté d’Orléans.
Elle réussit donc à brancher l’appareil sur ce réseau, et ainsi informer l’armée française des faits et gestes des hussards dans Pithiviers.
Le 6 octobre, les prussiens quittent de nouveau Pithiviers, l’armée française reprend possession des lieux le 20. Mais un mois plus tard, l’armée prussienne la reprend. Juliette à tout juste le temps de cacher le matériel télégraphique, que les allemands, connaissant cette fois la bravoure de la jeune apprentie télégraphe, l’enferment , elle et sa mère au premier étage de la poste. Mais Juliette dodu réussit à subtiliser , aux allemands qui commencent à installer leur propre matériel télégraphique ,deux rouleaux de fils, ce qui retarde les communications allemandes de 24 heures.
Le 28 novembre débute la bataille décisive de Beaune-la-Rolande. Juliette comprend l’importance des communications ennemies qui se font juste en dessous d’elle. Elle arrive à rassembler ses appareils cachés, et la nuit, enfermée dans sa pièce à l’étage du bureau de poste, en ouvrant discrètement la fenêtre elle jette deux fils télégraphiques volants sur le réseau prussien, et intercepte alors les messages ennemis. Ensuite, elle faisait de même avec le réseau français et renvoyait les dépêches ainsi interceptées. Ce petit manège dura pendant 23 nuits, et permit de sauver la vie de prêt de 40 000 soldats qui ne tombèrent donc pas dans de terribles embuscades.
Le 5 janvier, lors d’une dispute avec sa gouvernante, cette dernière lâche haut et fort les actions auxquelles se livre Juliette toutes les nuits. Le garde allemand en poste devant la chambre de Juliette, comprend malheureusement le français, et va donc informer ses supérieurs de ce qu’il vient d’entendre. Le lendemain, on annonce à Juliette et a sa mère qu’elles seront fusillées. Au bout de huit jours, on propose à Juliette un poste au télégraphe allemand ,qu’elle refuse. On lui annonce alors qu’elle se tienne prête pour son exécution. Mais fort heureusement, deux jours plus tard , l’armistice est signé, la jeune femme de 20 ans et sa mère sont libérées du joug des prussiens.
Elle devient alors un symbole de la résistance française, et obtient en 1877 la médaille militaire, et en 1878 la croix de la Légion d’Honneur. Même les journaux allemands ne peuvent s’empêcher d’admirer cette jeune héroïne française.
Elle s’éteindra en Suisse, à Clarens, en 1909.


Article lu 10863 fois

Photos