Les commercants dyonisiens les nouveaux batisseurs

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Les Commercants Dyonisiens Les Nouveaux Batisseurs

Les commercants dyonisiens les nouveaux batisseurs
Une période d’urbanisation assez intense mais sans typologie architecturale précise, débute à la Révolution. Les styles cohabitent et se croisent sans pour autant s’opposer et parviennent, comme à Saint-Leu, à former des ensembles réussis.

Pour Saint-Pierre et Saint-Denis, où l’urbanisation est beaucoup plus importante, l’uniformité des constructions est beaucoup plus nette que le long de la zone littorale sud-ouest. Ces deux villes de l’île sont dotées de programmes urbains bien plus importants, conçus comme des ensembles et, par conséquent, plus unifiés, surtout pour Saint-Pierre. Dans les deux cités, ils sont caractérisés par la victoire du linteau droit et par l’émergence d’un style lourd privilégiant le fonctionnel et la solidité. Les constructions, vues jusqu’à présent, affichaient un genre rigide et froid non dépourvu d’une beauté austère. Si, à Saint-Pierre, le sentiment de régression architecturale est atténué par la conception d’un seul tenant d’une ville nouvelle sur des critères nouveaux, à Saint-Denis, les bâtiments de la fin du 18ème siècle sont tout sauf remarquables. Il est vrai que le caractère ancien de la ville, où les concessions s’enchevêtrent, n’a pas permis l’élaboration d’un ensemble comme à Saint-Pierre.

Les constructions se sont donc implantées dans les espaces libres limités par d’autres immeubles. Par ailleurs, plusieurs éléments vont modifier la politique de construction. le développement du commerce privé, que l’Administration Royale a encouragé, a vu l’émergence d’une catégorie sociale puissante de commerçants, faisant le relais entre planteurs et marchés métropolitains. Ces vendeurs, implantés essentiellement en milieu urbain, sont à l’origine de la plupart des entrepôts et magasins établis à Saint-Denis à la fin du 18ème siècle.

Jusque là, la fonction commerciale peu développée n’avait pas imprégné le tissu urbain. Elle le fera par l’implantation en alignement des constructions, jugulant pour la première fois et de façon durable, les emplacements anarchiques ou en retrait du bâti ancien. La pratique commerciale nécessite, en effet, un magasin ayant pignon sur rue, mais aussi de nombreuses cours et dépendances pour les entrepôts. Ce besoin de place va entraîner une notion d’économie de surface constructible qui va donner son visage abouti à la trame urbaine du vieux Saint-Denis, issu des implantations de la Compagnie des Indes. Ce processus du bâti en alignement se poursuivra tout au long du 19ème pour les secteurs commerçants de la ville.

Les marchands construiront des bâtiments massifs, sans aucune grâce, au volume simple généralement tout en longueur. Ce style plus que médiocre va changer cependant au 19ème siècle car, si l’alignement est définitif, l’enrichissement des marchands les incitera à bâtir des magasins plus représentatifs de leur situation sociale aisée.