Mahe de Labourdonnais

Culture Reunion

Mahe de Labourdonnais Culture Reunion

Mahe de Labourdonnais

Il fut le premier dans l’Histoire de La Réunion à porter le titre de Gouverneur.

Né à Saint Malo le 11 février 1699, il grandit dans l’ambiance d’une ville portuaire où les récits de marins firent naître en lui la volonté de voyager. Dès 11 ans il part comme mousse sur un navire dans les mers du sud. A 14 c’est en tant qu’enseigne
qu’il part jusqu’en Inde et dans les Philippines. Il continuera ensuite à découvrir la mer du Nord à 17 ans, puis la méditerranée à 19 ans. C’est ainsi qu’à 20 ans, en 1719, il se retrouve lieutenant en second d’un navire de la Compagnie des Indes. Quatre ans plus tard il retourne en Inde en qualité de premier lieutenant, à seulement 25 ans. Après avoir commis un acte de bravoure, il est promu Capitaine en second sur le navire qui le mènera à Pondichéry. A son arrivée, la situation en Inde
est tendu : les français viennent de perdre le pouvoir face aux indiens menés en sous-main par les anglais. Labourdonnais va faire le siège de Mahé, ville gouvernée par le prince Indien Bayanor qui avait donc trahi la France. C’est un succès, ses techniques militaires s’avèrent exemplaires. Il décide alors de donner sa démission à la Compagnie des Indes, car il entrevoit aux Indes des possibilités de profit alléchantes. Il affrète à son nom un vaisseau, et en quelques années seulement,il va devenir l’un des plus riches commerçants de la zone. Il travaillera ensuite pour le compte du roi du Portugal afin de régler des tensions entre la marine portugaise et les pirates arabes qu’il devra chasser de la côte Malabar.

En 1733 il retourne à Saint Malo. Il a 35 ans, et pense alors s’établir de manière stable, profitant de toute la fortune qu’il a amassé grâce aux Indes. Il se marie, mais ne peut s’empêcher de penser que La France n’exploite pas comme il le faut toutes les possibilités des Mascareignes,
notamment pour la route des Indes. C’est surtout l’île de France (Maurice) qui selon lui peut faire si l’on s’en donne les moyens une base française commerciale et militaire exemplaire. Alors qu’à l’heure actuelle, en 1734, elle est quasi abandonnée. Le contrôleur général Orry de la Compagnie des Indes décide donc de nommer Bertrand-François Mahé de Labourdonnais, le Gouverneur Général des Iles de France et Bourbon. En outre, il devient également le deuxième personnage le plus important de la Compagnie des Indes.

Labourdonnais va alors apporter de grands changements, notamment le développement de l’île de France au détriment de l’île Bourbon. Dès 1735, une fois arrivé sur place, il va entreprendre de grands travaux de fortification à l’île de France, construire des boutiques, des hôpitaux, des casernes, moulins à blé et à moudre, un canal, bref, un vrai travail d’aménagement, ce qui n’est pas sans attirer les mécontents, comme les capitaines des navires de la zone qui étaient habitués à beaucoup de passe- droits. De même, les colons de l’île de France se plaignent d’être gardé en otage et de ne pouvoir rentrer comme ils le désireraient en France. Effectivement, abourdonnais les retient selon l’ordre qu’il a reçu du Ministre de la Marine. De plus, il les force à cultiver leur terre, notamment en y plantant du Manioc qu’il fit venir du Brésil. De même, il encouragera la culture de l’indigo et de la canne à sucre. Il va jusqu’à définir la population de colons et d’esclaves en classe militaire afin d’être prêt en cas d’attaque extérieur.
Pendant qu’il s’occupe ainsi à construire l’île de France, l’île Bourbon est quelque peu laissée à l’abandon, et lui sert en réalité de vivier à main d’œuvre et de produits agricoles. Mais le problème est que sur l’île Bourbon, les colons plantent alors le café, plus rentable que les produits de première nécessité. Labourdonnais décide donc de faire intervenir la Compagnie des Indes afin qu’elle interdise aux colons de payer leurs achats avec autre chose que du blé. Il va également obliger les colons à lui donner leurs esclaves pour 4 journées de travail obligatoire , afin d’avoir encore plus de main d’œuvre pour ses grands travaux, notamment à Saint Paul, alors capitale de l’île. En outre, il décide également de commencer des grands travaux pour la ville de Saint Denis, où le bureau de la Compagnie des Indes déménagera en 1740. En 1738, il est victime à nouveau de plaintes des colons qui le dénoncent auprès du roi comme voleur. La même année, il perd dans un accident son fils de 22 ans et sa femme qui était enceinte. C’en est trop, il demande son congé à la Compagnie des Indes qui l’acceptera. Il rentrera en France en 1740 où il finira ses jours.


Article lu 10115 fois

Photos