Moring a La Reunion

Culture Reunion

Moring a La Reunion Culture Reunion

Moring a La Reunion

Le Moringue fût enfanté au 18è siècle par les esclaves de grandes plantations de sucre et de café de l’île de la Réunion.

Le code « noir » imposé par la compagnie des indes ne leur offrait que peu d’alternatives :
Le première était de s’échapper « faire marron », mais c’était sans compter sur les chasseurs d’esclaves, qui les traquaient ensuite des les cirques..
La seconde leur permettait en revanche, de s’évader spirituellement au travers de danses, le Maloya et le Moring.

Renaissance d’une tradition perdue « la Batay Kréol ».

La tradition de cette danse guerrière perdura quelques années après l’abolition de l’esclavage.
Les coupeur de canne, les affranchis métis et malbars, honteux de cette ancienne vie d’esclaves, exudaient cette fureur lors de combats rituels les vendredis après midi dans les ronds, près des usines sucrières ( c’était une des pratiques exercées par le « petit peuple » avec les combats de coq ). Cette pratique dura jusqu’au milieu du XXè siècle, puis disparut presque totalement au moment de la départementalisation dans les années 50..
Ce n’est qu’au début des années 80 que le Moring refit son apparition …

De retour sur son île natale, Jean René Dreinaza, champion d’Europe de boxe française, consacra son énergie à faire revivre cet art du combat d’autrefois.
Alors que les derniers combattants, les « Moringueurs » approchaient les 80 ans, Jean René Dreinaza sut se servir de sa notoriété pour canaliser les différentes structures administratives afin de ressusciter ce sport.
Malgré tout, il lu fallut mettre en avant la très forte connotation sportive de cet art, au dépend de l’aspect historique et traditionnel : « Le moringue ne se contente pas d’être une danse acrobatique, c’est aussi une technique de combat très efficace », explique JR Dreinaza, de manière à provoque un intérêt pour la pratique..
Depuis 1996, le Moringue est reconnu par le ministère de la jeunesse et des sports.
Avec plus de 1000 licenciés, ce sport veut se faire connaître au monde.

Cet art de combat viril oppose deux hommes, qui se lancent tout d’abord un défi : un compétiteur sort de la foule et provoque un adversaire potentiel, pendant que des musiciens animent la manifestation au rythme du martèlement de tambours ou à défaut de bidons en zinc. L’adversaire peut relever ou non la provocation qui lui est lancé.
Le combat commence ensuite sur une piste en cercle, matérialisée par un cercle tracé au sol. Un rythme de tambour anime le combat du début à la fin. Les techniques de combat varient selon l’endroit où est pratiqué le Moring (Madagascar, Mayotte, Comores). A La Réunion, ce sont essentiellement les pieds qui vont jouer une part importante à la lutte : plante des pieds qui frappe, tranchant des pieds, coup renversé, frappe de talons.
Comparer le Moring dans sa gestuelle et son style, à la Capoeira brésilienne est tout à fait juste. De même qu’à La Réunion, ce sont des esclaves d’Afrique, importés au Brésil, qui ont amené avec eux leur tradition de cet art guerrier. Tous ses esclaves n’avaient officiellement pas le droit de pratiquer leur religion, ou de garder une quelconque identité culturelle. Seule la danse leur était permise, ainsi que de s’amuser, sans toutefois gêner les maîtres. C’est ainsi que les esclaves purent s’adonner à une de leur tradition culturelle, le Moring.
Le Moring se pratique toute l’année, mais les jours de fêtes, et plus particulièrement le 20 décembre sont des moments privilégiés. Le combat de Moring est spectaculaire tant par sa mise en scène, que par ses enchaînements techniques. Le tambour rythme le combat, fait tourner les adversaires qui se mettent en garde. Il utilise ensuite un autre rythme pour la bataille, peut aussi augmenter ou diminuer l’intensité du combat et même l’arrêter si les règles sont faussées et qu’un combattant est en danger de mort. Mais le plus souvent la pratique du Moring a un caractère sacré et aucun vrai combattant ne s’abaisse en utilisant ses qualités pour une quelconque vengeance envers son adversaire. Le Moring n’est donc pas une simple bagarre, et les combattants se respectent avant et après le combat quelle que soit l’issue de la rencontre.

LEXIQUE

- Battre Moringue : jouer des percussions .
- Bourrante ( ou Bout Y rent ) : coup de pied chassé porté de face avec le talon sur une trajectoire rectiligne.
- Jouer Moringue : pratiquer le Moring.
- Kaskou san tous : Le coup le plus spectaculaire : un saut périlleux terminé par un double coup de talon.
- Kou d’pié ciso : Ciseau frontal sauté.
- Mauresque : pantalon ample, mi long seul vêtement des combattants.
- Rond : aire de combat matérialisé par le public sur de la terre battue.
- Talon valval ( ou talon la roue ou talon malgas ): roue en appui sur les 2 mains se terminant par un coup de talon sur l’adversaire
- Talon Zirondel : coup de pied circulaire lancé haut en appui sur une main au sol.
- Tet cink mèt : coup de pied porté ciomme une charge de bélier.
- Zambek : croc en jambe.



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