Vanille

Faune et Flore

Vanille Faune et Flore

Vanille

Son histoire sur l’île :
Les premières boutures de vanille sont introduites dans l’île en 1819 par le Commandant Philibert, qui était à la tête d’une des nombreuses expéditions ordonnées par le Baron Pierre Bernard Milius (administrateur de l’île à l’époque) afin de ramener de nombreuses espèces nouvelles de plantes sur l’île.

Mais même une fois présente sur l’île, elle n’est pas pour autant exploitée. Sa fécondation naturelle rendue difficile à cause de sa morphologie, entrave sérieusement son exploitation.
En effet, sur l’île la vanille est rendue stérile : ses organes sexuels étant séparés d’une membrane qui empêche leur rapprochement, ce sont les insectes ou les oiseaux-mouches ou encore les abeilles (comme au Mexique) qui jouent le rôle de médiation et donne la pollinisation indispensable. Mais sur l’île Bourbon, cette plante importée ne pouvait plus se reproduire de la sorte.
C’est un jeune esclavede 12 ans originaire de Saint Suzanne, Demond Albius qui découvrit en 1841 le procédé tant recherché par les hommes, et qui allait faire de la vanille une culture extrêmement intéressante pour l’île. Mais à cause de son statut d’esclave, sa découverte sera toujours contestée, et le pauvre Edmont Albius mourut dans le dénuement le plus total en 1880. Heureusement qu’aujourd’hui l’Histoire a retenu le nom de ce génial botaniste à qui les planteurs de vanille du monde entier doivent tant !


Sa culture

La vanille réclame beaucoup de pluie et d’humidité, ainsi qu’un climat chaud. C’est pourquoi la côte Est de l’île est un endroit idéal pour sa culture. De même, les sols volcaniques se prêtent parfaitement à la vanille.
La vanille étant une liane, il lui faut un tuteur pour pouvoir se développer pleinement. A La Réunion, ce sont des tuteurs naturels qui sont le plus souvent utilisé, comme le vacoa, l’avocat marron, le filaos, ou même la canne !
Dans toute les vanilleries on pratique la fécondation artificielle. Le procédé utilisé dans le monde entier est celui découvert comme nous l’avons vu par Edmont Albius.
La vanille produit ses premières fleurs vers septembre à La Réunion, et cette floraison se poursuit jusqu’à décembre. Les fleurs naissent par grappe, et chaque grappe contient 15 à 20 fleurs. On choisit 6 à 7 de ces fleurs (les plus belles) que l’on va féconder de manière artificielle. Le but étant de mettre le pollen en contact avec le pistil. Pour ce faire, on utilise généralement une épine de citronnier, ou encore une pointe de bambou. On déchire la partie en forme de capuchon de la fleur pour mettre à découvert ses organes sexuels. On amène ensuite l’étamine vers les organes sexuels, puis d’une légère pression on dégage le pollen qui ira de ce fait au contact du stigmate. La fleur est alors fécondée. Une bonne ouvrière peut féconder ainsi entre 1 000 et 1 500 fleurs par jour !
6 semaines plus tard, le fruit de la vanille, appelé gousse, atteint sa taille adulte. Les mois qui suivent lui permettent de se développer entièrement. En général, une gousse atteint sa maturité au neuvième mois. La récolte à lieu de juin à septembre. La récolte est délicate, car récolter trop tôt, la gousse séchera difficilement, et cueillie trop tard elle se fend et n’aura aucune valeur commerciale. La récolte nécessite donc la visite quotidienne des vanilliers et elle est confiée à des personnes au savoir-faire indiscutable.
Mais avant d’arriver sur les étalages de marché, il reste une phase très importante de la culture de la vanille : la préparation. La Réunion possède sa propre technique de préparation qu’elle doit à Loupy et De Floris en date de 1851 :

l’échaudage : des paniers contenant les gousses sont plongés dans une eau à 60-65°. Cette immersion dure 3 minutes. Cela à pour but d’arrêter toute végétation dans les pousses, de les tuer en quelques sorte.
L’étuvage : directement sortis de l’eau, les gousses sont placées dans de grandes caisses capitonnées de couverture de laine pour éviter toute perdition de chaleur. Ces caisses sont ensuite recouvertes pendant 12 à 14 heures. Les gousses perdent ainsi leur eau, elles changent de teinte et deviennent noir-chocolat.
Le séchage : il se fait au four à 65°, 3 heures par jour pendant 7 jours, puis au soleil 3 à 5 heures par jour pendant une semaine, puis enfin à l’ombre sous de l’osier dans un local aéré. Cette dernière phase dure environ un mois.
La mise en malle : des malles en bois sont garnies de papier sulfurisé. Les gousses sont placées à l’intérieur pendant 8 mois. C’est durant cette phase que leur arôme apparaît.
Le calibrage : c’est le triage des gousses en fonction de leur taille.
Le conditionnement : on confectionne des bottes de vanille pour la revente.


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